Mes Mots

Voici Mes Mots, mon WebLog à moi. Comme le disait le dernier film d'un lycée bordelais, écrire sur internet, c'est écrire pour être lu tout en préservant son identité. C'est partager indifféremment avec inconnus et amis. C'est cela que je souhaite.

27 décembre 2009

Flocons, cotons, flottons

neigeLes petits flocons

Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Se sont enfuis
Comme des oisillons
Hors de leur nid ...

Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Ont butiné
Comme des papillons
Dans le verger.

Cette nuit
Sans bruit
Les petits flocons
Se sont ouverts
Comme de fins bourgeons,
Fleurs de l’hiver.

Albert Atzenwiler

Pour ce dernier dimanche poétique de l'année, j'ai choisi un poème qui s'accorde avec la météo du moment.

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20 décembre 2009

Vitrail

ND_RumengolCette verrière a vu dames et hauts barons
Étincelants d'azur, d'or, de flamme et de nacre,
Incliner, sous la dextre auguste qui consacre,
L'orgueil de leurs cimiers et de leurs chaperons ;

Lorsqu'ils allaient, au bruit du cor ou des clairons,
Ayant le glaive au poing, le gerfaut ou le sacre,
Vers la plaine ou le bois, Byzance ou Saint-Jean d'Acre,
Partir pour la croisade ou le vol des hérons.

Aujourd'hui, les seigneurs auprès des châtelaines,
Avec le lévrier à leurs longues poulaines,
S'allongent aux carreaux de marbre blanc et noir ;

Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe,
Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir
La rose du vitrail toujours épanouie.

José-Maria de HEREDIA, Vitrail

Photo : Notre-Dame de Rumengol

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06 décembre 2009

Poésie Vénézuélienne

La semaine dernière, étant en plein déménagement, je n'ai pas participé aux Dimanches poétiques. Me voici de retour avec un poème en espagnol, parce que j'aime particulièrement cette langue.


Calendario


Eres la tierra prometida que se aleja,

la que no veré.

Eres el horizonte del mismo mar

que se quedó en tus ojos.

Eres mi huella, el trazo de todos los caminos

que van hacia tu encuentro.

Eres la arena que lamo

en cada extremo del mundo.

Eres el pan, el fermento de un licor

dulce como el sueño.

Y eres también el despertar,

la vida, la muerte, certeza

de una perdida inocencia.

Eres la lengua insignia de Babel,

el estandarte rescatado en el sitio de Troya.

Eres la bella Helena, la ardiente Dido,

y Beatrice la leve,

rostros intercambiables como los días

de este calendario.

Eres la medida de mis oficios más nobles,

y también de los más ruines.

Eres vigía de alta torre,

eres el fuego que me abrasa,

lumbre de la noche más cerrada.

Eres una estrella íngrima que me ata a la certeza,

urgencia de un espejismo inevitable como el tiempo,

pero te empeñas con desmesurado deleite

en ser la negación de cada día.

Eres tanto mujer, lástima que no quieras saberlo.


Gregory Zambrano


Pour en savoir plus sur cet auteur, et si vous parlez espagnol, faites un tour ici.


N'ayant pas trouvé de traduction, et sachant que tous mes lecteurs ne sont pas hispanisant, je vous propose ma traduction personnelle, sans vous garantir qu'il n'y a pas de contresens...


Calendrier


Tu es la terre promise qui s'éloigne,

celle que je ne verrai pas.
Tu es l'horizon de la même mer

qui est restée dans tes yeux.
C'est mon empreinte, le tracé de tous les chemins

qui vont à ta rencontre.
Tu es le sable qui lèche

à chaque extrémité du monde.
Tu es le pain, le ferment d'une liqueur

douce comme le rêve.
Et tu es aussi le réveil,

la vie, la mort, la certitude

d'une innocence perdue.
Tu es la langue insigne de Babel,

l'étendard sauvé sur le site de Troie.
Tu es la belle Hélène, la Dido ardente,

et Béatrice la légère,

visages interchangeables comme les jours

de ce calendrier.
Tu es la mesure de mes métiers les plus nobles,

et aussi des plus misérables.
Tu es la sentinelle d'une haute tour,

tu es le feu qui m'embrase,

lumière de la nuit la plus obscure.
Tu es une étoile solitaire qui m'attache à la certitude,

l'urgence d'un mirage inévitable comme le temps,

mais tu t'entêtes avec une délectation démesurée

à être la négation de chaque jour.
Tu es tellement femme, quel dommage que tu ne veuilles pas le savoir.


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05 décembre 2009

Si tu avais été...

Comme promis, voici ma critique de "Si tu avais été..." de Alexis Hayden et Angel of Ys

SiTuAvaisEteQuatrième de couverture :

Le divorce de ses parents va complètement perturber la vie de Bryan. En suivant sa mère dans son déménagement, il se croit blasé de tout. Pourtant la vie va lui prouver le contraire.

Des amours, il en a déjà eu, mais à 16 ans, pas facile d’admettre qu’il est une nouvelle fois amoureux d’un garçon !

« J’étais prêt à le nier avec une énergie farouche. Seulement voilà, faire taire ses sentiments n’est pas qu’une question de volonté. J’ai voulu me protéger de cet amour impossible en me persuadant qu’il n’existait pas. Moi, qui avais peur du rejet des autres, je me suis rejeté moi-même… »

Alors tout s’enchaîne de travers : son père qui l’ignore, sa mère qui ne comprend que ce qu’elle a envie de comprendre…

Laetitia... Kévin... Stéphanie... Qui faut-il aimer ?
« Si c’est ton choix… » Mais il n’a pas choisi !

Il va se brûler à la vie, comme ces étoiles filantes s’irradient dans l’atmosphère. Elles brillent d’une grande intensité avant de s’éteindre à jamais. Leur rareté fait aussi leur beauté, elles n’ont pas le choix, pour exister, elles doivent se consumer. Bryan va se brûler à la bêtise des autres, à leur bêtise, à leur hypocrisie et à leur intolérance aussi.

Mon avis :

Un roman qui se lit bien, et même qu'on a du mal à lâcher, même si certains passages font un peu surfaits et qu'il y a quelques phrases qu'on a l'impression de voir ressurgir à tout bout de champs.

Personnellement, j'ai trouvé l'écriture très touchante.Tout au long du roman, on voit se développer une histoire d'amour pas comme les autres, mais qui passe comme les autres par des questionnements, des joies, des peines, des trahisons et des réconciliations. Parfois je me suis reconnue dans l'un ou l'autre des personnages principaux qui pourtant semble très éloignés de moi. Mais l'amour sera toujours l'amour, qu'il soit entre deux personnes de même sexe ou de sexes opposés.
Évidement, ce roman pose plein de questions sur la normalité, l'acceptation de la différence, et l'homophobie. Un sujet tout à fait d'actualité, et pas facile à traiter. Un livre qui ne plaira surement pas à tout le monde, mais qui m'a bien plu malgré un style parfois déconcertant pour moi.

Si vous soulez le commander, il est disponible sur Chapitre.com ici.

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22 novembre 2009

Les Roses de Saadi

HibiscusJ'ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n'ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses envolées
Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.
Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée...
Respires-en sur moi l'odorant souvenir.

Marceline Desbordes-Valmore, Les roses de Saadi

Je n'avais pas de photo récente de rose, alors j'ai choisi la photo de cet hibiscus qui fleuri sur le balcon de mes parents.

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15 novembre 2009

Marseille

En ce dimanche fort doux pour un mois de novembre, un poème sur Marseille que je quitte demain.

MarseilleMa porte s'ouvre sur la nuit. Le ciel vacille
Dans l'ombre du Vieux-Port.
Le tremblement de l'eau fait balancer les quilles
Et les vigies. Les Forts
Se profilent sur I 'horizon. La lune haute
A pris le quart.
Le circuit lumineux du phare suit la côte
D'un long regard.
Où sont mes compagnons qui remplissaient l'espace
Des appels de leurs voix ?
Le soir, trop lourd pour moi, m'écrase. Les terrasses
Africaines m 'envoient
Des bouquets d'orangers. L'Arabe, sous sa tente,
M'offre son amitié.
Et Marseille, tragique, et toujours consentante,
Se découvre à moitié.
On entend dans la rue rouler une voiture
Et le bruit s'éloigner.
Un chant d'ivrogne, place de la Préfecture.
Les bâches sur le Quai,
Paquets de nuit, veillent le sommeil des mahonnes ;
Un grand trois-mâts
Allume ses fanaux et part pour Barcelone.
Un douanier s'en va,
Sa lanterne allumée repousse l' ombre noire.
Le transbordeur s'éteint.
Seule, gardant la mer, la patrouille du phare
Elargit son destin.

Louis Brauquier, Ma porte s'ouvre sur la nuit.

Louis Brauquier est un poète Marseillais né en 1900 et mort 76 ans plus tard. Il était capitaine de la marine marchande et son œuvre est souvent inspirée des nombreux voyages qu'il fit en Afrique et en Asie. Ici, il nous parle de sa ville natale.

 

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08 novembre 2009

Haiku d'automne

Les herbes se couvrent
d'automne
Je m'assieds

Matsuo Bashô 1644-1694

Envie de faire une pause, le temps passe trop vite, et tout va encore s'accélérer. Je vous raconterai, plus tard.

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01 novembre 2009

N’envoyez plus de lettres

P1090217

N’envoyez plus de lettres, seulement des feuilles
d’arbres, que le soleil détache ou le vent cueille
ou l’automne abat et dépose entre vos mains.
Je ne les recevrai jamais le lendemain,
mais j’ai depuis toujours l’habitude d’attendre
et mon cœur, de veiller, n’en sera pas moins tendre.
Vous ne pourrez, c’est vrai, rien écrire dessus,
cependant je lirai comme si j’avais su
les paroles que vous formulez dans votre âme
tant vos rêves ont pour moi l’éclat de la flamme.
Choisissez les couleurs suivant le ton des jours :
que la feuille soit fraîche si le ciel est lourd,
et d’un vert bien profond si l’azur est trop pâle.
Qu’elle soit de chêne et blonde comme le hâle
au front d’un bel enfant, quand s’achève l’été,
et lorsque vient Novembre, afin de refléter
ce qu’il ensevelie et ce qu’il remémore
veuillez me cueillir une feuille au sycomore.
(Mais qu’elle soit de hêtre, d’aulne ou d’olivier,
que m’importe après tout pourvu que vous viviez !)

Et si, dans le futur, un jour Dieu vous propose
par hasard le bonheur, pour me dire la chose
envoyez simplement une feuille de rose.

Alliette AUDRA, in Poèmes choisis

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26 octobre 2009

Naissance à la lumière

Naissance1

     J'ai longuement hésité
     Mais le soleil m'a troublé
     Je suis enfin décidée
     A sortir le bout du nez

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25 octobre 2009

Echo des grandes lignes

TrainUn soir, j'ai pris un train sans vous.
J'ai marché sur un quai,
Sans aucun d'entre tous,
Sans agiter de mains,
Sans rire comme fait rire
"L'adieu suprême des mouchoirs".

Et moi aussi, j'ai préféré,
J'ai choisi de ne pas me voir.

Je ne regardais que mes pieds,
Qui titubaient par habitude,
Et aussi à cause du train,
Qui s'en allait, qui démarrait,
Doucement, puis par secousses,
Comme on se met à pleurer.


Echo des grandes lignes,
Philippe Léotard, Pas un jour sans une ligne

Les dimanches poétiques m'ont donnés envie de lire plus de poésie, alors j'ai emprunter à la bibliothèque ce recueil dont j'ai lu de nombreux extraits sur un blog que j'apprécie beaucoup. A mon tour, je vous fait partager la poésie de cet auteur.

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